Améliorer votre connaissance du Gwent #3 : les cartes espions


Bonjour à tous, aujourd’hui nous allons, comme je vous l’avais annoncé dans l’article précédent sur le card advantage, parler des différentes utilisations que nous pouvons avoir des cartes « espion ».

hr

Les cartes espions

Dans Gwent, une carte « espion », dans sa définition exacte englobe toutes les cartes qui se joue sur le terrain adverse comme les Émissaires de Nilfgaard ou Sabrina Glevissig. Mais lorsque nous parlons d’ « espions », en générale c’est pour parler d’une certaine sous-catégorie de cartes « espion » : les espions qui permettent de piocher et d’ajouter une carte à notre main. Il existe chez chaque faction une carte avec un tel effet : Thaler chez les Royaumes du Nord, Cantarella chez Nilfgaard, l’Épouvanteur chez les Monstres, Udalryk chez Skellige et Yaevinn chez Scoia’tael.

Ces cartes lorsqu’elles sont jouées permettent de piocher une carte de sa pioche et de l’ajouter dans sa main. Ceci revient à redonner la main à notre adversaire sans réduire la taille de notre main, c’est une carte donc très puissante puisqu’elle nous permet de cette manière de générer +1 de card advantage. Comme nous l’avons vu dans l’article précédent, le card advantage est très important dans Gwent, une carte permettant d’en obtenir est donc très intéressante. En contrepartie, ces cartes espions offrent un grand nombre de points à l’adversaire 11 ou 12 selon la faction. Il est donc important de savoir quand jouer les cartes espions. Par exemple, une grande partie des joueurs pensent que l’espion doit être joué lors de la seconde manche, lorsque nous avons gagné la première puisque nous ne sommes pas obligés de gagner cette manche et donc nous pouvons nous permettre d’offrir les points générer par la carte espion à notre adversaire. C’est effectivement une des utilisations possibles des espions mais nous allons voir dans cette article que ce n’est pas forcément le meilleur moment pour jouer sa carte espion et qu’il existe un grand nombre de situations dans lesquelles la carte peut être jouée.

carte-gwent (217)
hr

Mieux vaut utiliser son espion lors de la première manche ?

L’intêret de jouer son espion lors de la première manche

Au début de la première manche, la fatidique pièce fait son tour complet et indique le joueur qui devra jouer en premier. Nous parlons généralement de « perdre » le lancer de pièce si nous devons commencer à jouer et « gagner » le lancer si notre adversaire commence. Si nous perdons le lancer de pièce, nous ne pouvons gagner la première manche qu’en jouant une carte de plus que notre adversaire : Nous aurons forcément joué une carte de plus avant que notre adversaire décide de passer.

Jouer son espion lors de la première manche permet tout d’abord d’inverser les rôles entre celui qui joue premier et celui qui joue en second. Si nous avons perdu le lancer de pièce et nous sommes le premier à devoir jouer, en jouant la carte espion au cours de la manche au bon moment, nous pouvons inverser les rôles et devenir le second joueur à jouer les cartes en termes de nombre de cartes dans la main.

Si nous avons gagné le lancer de pièce, en jouant l’espion nous obligeons notre adversaire à effectuer un choix difficile, il peut soit passer mais risque de perdre la manche avec un nombre de cartes égal, soit continuer à jouer ses cartes et se retrouver avec 2 cartes de moins que nous puisqu’il avait déjà joué une carte avant que nous jouions notre espion puis une seconde carte juste après.

carte-gwent (98)
2017-12-14_1603_2

Ici, nous pouvons facilement faire les 13 points nécessaires pour passer devant en une seule carte.

Le timing est important

Cependant, il ne faut pas jouer l’espion n’importe quand pendant la première manche. Les deux meilleurs moments possibles sont :

  • Lorsque nous avons moins de points que notre adversaire mais nous pouvons repasser devant en nombre de points en une seule carte après avoir joué notre espion
  • Lorsque nous avons plus de points que notre adversaire et que même en jouant notre espion, nous restons en tête en termes de points.

Nous pouvons rencontrer la première situation généralement lorsque nous sommes le second à jouer et si nous avons de quoi remonter le nombre de points en une seule carte, cela force notre adversaire à passer et nous laisser la première manche avec un nombre de cartes égal ou de gagner la manche avec 2 cartes en moins. Les deux situations nous sont très favorables pour assurer notre victoire finale.

Nous rencontrons la seconde situation lorsque nous avons commencé à jouer et que l’adversaire joue plusieurs cartes avec un faible tempo (des cartes avec un nombre faible de points) qui lui servent de setup. Par exemple dans un deck Garde de la Reine, l’adversaire joue le Roi Bran, puis Draig Bon-Dhu ce qui lui fait 7 points pour 2 cartes. Généralement nous seront alors devant en nombre de points et assez largement. Cependant nous ne voulons pas lui laisser la manche, puisque cela lui laissera la possibilité de contrôler la longueur de la troisième manche, ce que cet archétype veut faire. En jouant jusqu’à la dernière carte lors de la seconde manche, la dernière manche sera décidée en jouant les une ou deux cartes restantes. Un deck Garde de la Reine peut générer 40 points avec une seule Prêtresse de Freya lors de la dernière manche, ce que peu d’autres archétypes peuvent faire et donc une manche 3 très courte lui sera favorable. Nous voulons donc continuer à jouer la première manche. Pour temporiser, nous pouvons jouer notre espion et ainsi inverser les rôles entre celui qui contrôle le tempo de la manche et celui qui est mené par le tempo de l’autre.

carte-gwent (220)
2017-12-14_1554_1

Ici, nous ne pouvons pas passer devant notre adversaire avec une seule carte, ce n'était donc pas le bon moment pour jouer notre espion.

Les mauvaises utilisations de l’espion pendant la première manche

Les situations où il ne faut pas utiliser son espion sont les situations opposées à celle où il faut l’utiliser, c’est-à-dire :

  • Lorsque nous avons moins de points mais nous ne pouvons pas repasser devant avec une carte
  • Lorsque nous sommes devant en points mais si nous jouons l’espion, notre adversaire nous passe devant.

Dans le premier cas, si notre adversaire passe directement après que nous avons joué notre espion, il nous faudra 2 cartes pour repasser devant et donc nous ne pouvons pas gagner la manche avec un nombre de cartes égales. Dans le second cas, notre adversaire peut aussi directement passer, et dans ce cas, nous allons devoir rejouer une autre carte pour gagner la manche. Nous avons donc en quelque sorte « gâché » notre espion puisque nous aurions pu aussi bien juste jouer une de nos autres cartes directement et le résultat aurait été le même.

hr

Comment jouer l’espion lors de la seconde manche ?

le Dry-pass

Généralement, nous pouvons jouer notre espion pendant la seconde manche si nous avons gagné la première. Prenons le cas où aucun des joueurs n’a pas de carry-over (d’unité déjà en place au début de la manche). Dans ce cas-là, nous pouvons obtenir un avantage en nombre de cartes pour la troisième manche juste en passant directement : le dry-pass. L’adversaire sera obligé de jouer au moins une carte pour prendre la manche. Si nous jouons directement notre espion, puis à notre prochain tour nous passons, cela revient exactement à la même chose que de dry-pass, mis à part le fait que nous avons pu avoir un choix de carte et aller chercher une carte spéciale précise par exemple avec Yaevinn. Nous « gâchons » aussi dans ce cas-là le potentiel de l’espion.

coinflip
20015400

Les situations intéressantes

Deux cas d’utilisation intéressante de l’espion en seconde manche existent. Le premier cas est lorsque l’adversaire a plus de carry-over que nous au début de la seconde manche. Nous ne pouvons pas dry-pass, puisque notre adversaire n’est pas obligé de jouer une carte supplémentaire, il peut lui aussi passer pour remporter la manche. Dans ce cas-là, jouer son espion, oblige notre adversaire à jouer aussi une carte, il ne peut pas directement passer car nous pourrions gagner la manche en jouant nos cartes restantes et lui infliger un humiliant 2-0. Nous générons ainsi un card advantage positive pour nous.

Le second cas est lorsque nous voulons « bleed ». La technique du bleeding consiste à jouer ses cartes les moins intéressantes de notre main pour la troisième manche. Dans le même temps, nous forçons notre adversaire à jouer de façon sous-optimale sa main, puisqu’il voudra à tout temps rester devant nous en points pour ne pas avoir à jouer une carte supplémentaire pour gagner la manche après que nous ayons passé. Il va donc devoir jouer certaines de ces cartes qu’il aurait préféré garder pour la dernière manche. De notre côté, nous gardons nos meilleures cartes pour la dernière manche. Lorsque nous avons fini de saigner notre adversaire, c’est-à-dire qu’il ne nous reste plus que les cartes essentielles pour la dernière manche et/ou nous avons obligé notre adversaire à jouer une carte importante, nous pouvons jouer notre espion. L’adversaire va devoir jouer une carte supplémentaire car nous n’avons pas encore passé et donc nous pouvons récupérer le card advantage que nous aurions pu avoir si nous avions dry-pass la seconde manche.

Avec cette technique, il faut cependant faire attention au timing auquel nous jouons l’espion. Si nous jouons l’espion trop tardivement, notre adversaire peut tenter de passer directement (hero pass en anglais) sans jouer de carte supplémentaire car il pense que nous ne pouvons pas remonter l’écart de points avec nos 2 ou 3 cartes restantes. Si c’est le cas, nous perdons le card advantage que nous aurions pu gagner. En revanche, il ne faut pas, si nous voulons saigner notre adversaire jouer notre espion en début de manche. Si nous lui donnons un grand nombre de points directement en début de manche, notre adversaire va généralement rester tout le temps devant nous en nombre de points et donc va jouer ses cartes les moins importantes, moins fortes et pourra garder ses meilleures cartes pour la dernière manche, car il sait qu’il gagnera la seconde manche grâce aux points que nous lui avons offert avec notre espion.

hr

Jouer l’espion pendant la troisième manche

La troisième manche n’est pas le meilleur moment pour jouer l’espion puisque nous donnons un grand nombre de points à notre adversaire sur la manche décisive. Il peut cependant exister un cas où son utilisation peut être acceptable.

Lorsque notre stratégie ou la stratégie de notre adversaire nécessite absolument de jouer en dernier, il peut être intéressant de donner une dizaine de points pour assurer notre coup ou pour pouvoir casser le jeu de notre adversaire. Si donner 10 points nous permet d’assurer de générer 30 points ou d’empêcher l’adversaire de générer 30 points, jouer son espion pendant la dernière manche peut valoir le coup.

Il n'y a plus vraiment de cartes nécessitant d'être joué réellement en dernier en ce moment mais la Fourbe-Veuve peut être un exemple de ce genre de carte.

carte-gwent (25)
hr

Vaincre le mal par le mal

carte-gwent (21)

Toutes ses techniques d’utilisation de l’espion que nous avons vu ici peuvent être contré si notre adversaire répond en jouant sa propre carte espion ou par un Cercle d’Invocation qui copie notre espion. Dans ce cas-là, nous nous retrouvons dans une situation identique à celle dans laquelle nous étions avant de jouer notre espion.

Nous pouvons aussi contrer l’espion adversaire en jouant notre propre espion ou notre Cercle d’invocation. Il est donc important de savoir si notre adversaire joue une decklist jouant un espion ou un Cercle d’Invocation et d’adapter notre stratégie si c’est le cas.

hr

Les autres utilisations possibles des espions

L’anti Incinération

Poser un espion avec une forte valeur sur le terrain adversaire permet de se prémunir contre les cartes qui détruisent les unités avec la plus forte valeur telles qu’Incinération ou Villentretenmerth. Notre adversaire ne peut pas jouer ses cartes car elles détruiraient sa propre unité. Nous pouvons de cette manière bloquer l’utilisation d’une carte importante pour la stratégie de notre adversaire. Cela peut donc être aussi une situation dans laquelle jouer son espion lors de la troisième manche est acceptable.

carte-gwent (139)
carte-gwent (289)

Thaler et les Cavaleries légères de la Bannière Brune

Cette combinaison de cartes de la faction Royaume du Nord est très puissante, surtout lorsque nous avons gagné le lancer de pièce. Si notre adversaire nous mène de 11 points ou plus au début de notre tour, nous pouvons jouer Thaler et à notre prochain tour de jeu, si notre adversaire n’a pas contré notre espion avec son propre espion, les Cavaleries vont sortir de notre pioche. Ainsi, notre espion vaudra en termes de points, non pas -11 mais +1 (les -11 points de Thaler + 3 Cavaleries à 4 points chacune). Nous avons pioché une carte et en plus gagner un point. Cette combinaison peut valoir plus de points si nous jouons Foltest en Chef de Faction, les Cavaleries valant alors chacune 5, ou si nous avons un ou plusieurs Aides de siège Kaedwen en jeu. Ainsi c’est une stratégie très puissante pour obtenir du card advantage sans la pénalité de points qui va de paire avec l’utilisation d’un espion. Le même type de stratégie peut être utilisé chez Nilfgaard si nous avons plusieurs Estafiers de la Brigade Impera et des Brigade Impera sur notre terrain lorsque nous jouons Cantarella. Cela diminue le nombre de points que nous offrons à notre adversaire en jouant notre espion.

hr

Conclusion

Nous avons donc vu que l’espion peut être joué dans un grand nombre de situations. Il peut être mal ou bien joué. Nous n’avons fait que survoler le concept d’utilisation de l’espion dans cet article, et son utilisation est bien sûr plus nuancé que ce que nous avons exposé ici. Je vous conseille donc d’expérimenter par vous-même comment utiliser l’espion selon les différentes situations auquel vous ferez face pour vraiment maitriser ces espions !

Si vous avez des situations que vous pensez que j’aurais dû discuter dans l’article ou si vous avez des sujets que vous voulez que j’aborde dans le prochain article, laissez-moi vos idées et suggestions dans les commentaires !

Bon Gwent !

À propos de l’auteur, Gnarck

GnarckUn singe

7
0
Partagez l'article si vous appréciez notre travail

1 Commentaire

  1. Thorcks
    Répondre

    Excellent article pour les débutants et les amateurs septique de l’utilisation de ces cartes ! 🙂

    1

    0

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser les tags et attributs <abbr title=« HyperText Markup Language »>HTML</abbr> suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Restez informé !

Rendez-vous tous les samedis pour retrouver nos articles du Gwent uniques et captivants à partir de notre newsletter hebdomadaire.

Merci, vous êtes bien inscrit !