Introduction au deckbuilding par Skas


Cet article est une contribution d'un membre de la communauté, Skas (Twitter / Twitch), que nous remercions.

Introduction

Envie de s'amuser encore un peu sur Gwent avant la release d'Homecoming ? De bidouiller un peu, n'ayant plus rien à perdre, pour se forger des ultimes souvenirs du jeu tel qu'on l'a connu ?

Cet article a pour but de présenter la méthode que j'utilise lorsque j'essaie de créer un deck. Il est le fruit de mon analyse et de ma vision du jeu mais il existe sans doute d'autres approches concernant ce sujet.

Réaliser un deck compétitif demande une connaissance du jeu et de la méta qui va probablement au-delà des points abordés dans ce guide. Cependant, ce dernier devrait aider à comprendre comment sont créés les decks qu'on trouve sur GwentDB et devrait inciter les plus aventureux à tenter de trouver le deck de demain.

Lancez le jeu, rendez-vous dans votre collection, on va révolutionner tout ça !

Le coeur du deck

La star

La première chose à faire est de parcourir sa collection de cartes à la recherche de l'élue autour de laquelle bâtir son deck. Elle est souvent un peu particulière, avec un effet qui semble intéressant (laissez donc Geralt de côté pour l'instant, je vous prie) comme Olgierd von Everec, Imlerith : Sabbat ou Ciri : Nova. Cela peut également être un archétype, c'est à dire un groupe de cartes avec un mot-clé commun comme les espions Nilfgaardiens, les machines et leurs équipiers des Royaumes du Nord ou les cartes Chasse Sauvage des Monstres. On va évidemment chercher à construire autour d'une carte qui a une valeur potentielle supérieure à ce qu'on est en droit d'attendre d'une de ses consœurs. On cherche ici une carte qu'on peut sublimer par des synergies ou qui peut sublimer le reste des cartes d'un deck par sa capacité. On choisit le leader en fonction du deck plutôt que l'inverse, car les leaders sont plus vagues et ont au contraire tendance à accentuer les forces ou compenser les faiblesses d'un deck.

Dans cet article, on va volontairement choisir une carte et un archétype général sous optimaux et peu populaires afin d'avoir une réflexion non biaisée par la méta : le An Craite : Drakkar qui inflige des dégâts à une unité ennemie aléatoire chaque fois que l'on défausse une carte.

Les groupies

On va ensuite chercher à faire briller cette carte (sans poussière de météorite, j'entends), la mettre dans des conditions idéales pour en tirer le maximum de points. Pour ce faire, on peut s'appuyer sur sa capacité et ses mots-clés.

Les mots-clés

Les mots-clés du An Craite : Drakkar sont Clan an Craite, Machine, et, bien entendu, Défausse. On peut trouver des cartes qui tirent profit des deux premiers : la Heymaey : Lancière et le Dimun : Corsaire. On va également chercher un maximum de cartes qui permettent de défausser.

Première analyse

Sauf miracle, on ne va pas garder toutes les cartes citées plus haut. Nous sommes au stade où il faut analyser ce qu'on a déposé dans notre petit panier pour faire une première sélection. Un intérêt évident de toutes les cartes de défausse est qu'elles permettent de thin le deck, donc on ne va pas les répéter plus bas.

Bran Tuirseach est un choix évident pour plusieurs raisons :

  • 3 défausses depuis le deck d'un coup.
  • Un buff de force de base, potentiellement intéressant.
  • D'office meilleur que Harald dans notre cas. A priori meilleur que Crach également puisque ce dernier, malgré sa valeur utilitaire forte, ne semble pas avoir une bonne cible dans le deck qu'on prépare.

Lugos le Dingue

  • 1 défausse bronze ou silver depuis le deck sur un body à 6.
  • Du contrôle.

 

Notons qu'avec un body aussi faible, il nous faut soit une grosse carte à défausser, soit une carte qui réagit à la défausse pour rendre Lugos rentable.

Sac-à-souris

  • 2 défausses et 2 pioches sur un body à 10, ce qui permet d'aller chercher les dernières cartes du deck.
  • Potentiellement vraiment intéressant si on trouve de bonnes cartes à défausser pour faire monter sa value.

Johnny

  • 1 défausse sur un body à 9
  • En combo avec une carte comme Aconit ou Ciri : Ruée, peut sortir une grosse value. On ajoute ces 2 cartes pour notre étude future, quand on devra figer notre line-up gold.

 

Svanrige Tuirseach

  • 1 défausse et 1 pioche sur un body à 9.
  • À l'instar de Sac-à-souris, il permet d'aller chercher les dernières cartes de son deck.

 

Compagnons d'Iris

  • 1 défausse (au hasard) et 1 tutor avec un body à 11.

 

Très risqué. À titre personnel, j'ai du mal à mettre cette carte dans mes decks car la défausse au hasard peut pénaliser énormément. À moins d'avoir Cerys : Intrépide ? Je garde les compagnon de côté et j'ajoute Cerys : Intrépide à mon panier, on verra plus tard si c'est rentable.

Udalryk

  • 1 défausse depuis le deck sur un spy à 13.

 

Les espions sont très forts, surtout dans Skellige avec le package Blême, Skjall, Udalryk. Je verrouille Hym et Udalryk dans mon deck et j'ajoute Skjall à mon panier. Si on peut se permettre de le prendre, on le fera plus tard.


Drummond : Belliciste

  • 1 défausse bronze depuis le deck sur un body à 8
  • Si on trouve quelque chose à défausser qui apporte encore plus de value, c'est le jackpot.

 

On verrouille la carte en 3 exemplaires pour l'instant.

Dimun : Pirate 

  • 2 défausses depuis le deck sur un body à 11.
  • Gros body et potentiellement gros tempo avec les bateaux grâce à la double défausse.

 

On verrouille la carte en 3 exemplaires.

L'allure de notre deck commence à se dessiner. Pour l'instant, il y a de façon certaine :

  • Bran Tuirseach en leader.
  • Blême en gold.
  • Udalryk en silver.
  • An Craite : Drakkar x3, Drummond : Belliciste x3, Dimun : Pirate x3 en bronzes.

 

Et dans notre panier, on trouve :

  • Crach an Craite en leader.
  • Lugos le Dingue, Sac-à-souris, Aconit, Ciri : Ruée, Cerys : Intrépide en gold.
  • Johnny, Svanrige Tuirseach, Compagnons d'Iris, et Skjall en silver.
  • La Heymaey : Lancière  et le Dimun : Corsaire  en bronze.

Peaufiner le deck

Les amis des groupies

À ce stade du deckbuilding, on a sélectionné les cartes qui font briller notre carte maîtresse, le An Craite : Drakkar, mais on va également chercher ce qui peut donner de la valeur aux cartes que l'on a retenues jusque-là !

Par exemple, vu que l'on cherche à défausser le plus grand nombre de cartes possible pour déclencher la capacité des drakkars, on devrait chercher des cartes intéressantes à défausser, ayant une réaction particulière quand on le fait, pouvant ainsi maximiser la value globale d'un tour de jeu.
Cette carte, mes amis, c'est le An Craite : Attaquant, qui est ressuscité sur le plateau à la place de rejoindre le cimetière lorsqu'il est défaussé. Parfait ! Il sera une cible privilégiée quand on devra se débarrasser d'une carte. On peut également penser à Morkvarg qui revient sur le plateau avec la moitié de sa vie lorsqu'il entre dans le cimetière, et offre un peu de carry over. Hop ! On verrouille tout ça !

Une autre carte qui a une propriété similaire est Ciri : Ruée qui esquive le cimetière pour remonter dans le deck, renforcée de 3 points. Ça peut nous faire un sacré finisher, si on arrive à reproduire le procédé plusieurs fois. Cependant, c'est une gold et les places sont chères, donc pas de précipitation !

Notre deck vient de s'étoffer de quelques cartes. En voici l'inventaire, avec les nouveautés en couleur :

  • Bran Tuirseach en leader.
  • Blême en gold.
  • Udalryk, Morkvarg en silver.
  • An Craite : Drakkar x3, Drummond : Belliciste  x3, Dimun : Pirate x3, An Craite : Attaquant x3 en bronzes.

 

Il nous faut encore trouver 3 golds, 4 silvers et 3 bronzes.

Combler les lacunes

Une bonne manière de compléter un deck est d'identifier ses lacunes et d'intégrer des cartes pour les atténuer, voire les supprimer.

Les différentes faiblesses d'un deck peuvent être :

  • Faiblesse sur un round court ou long.
  • Manque d'outils pour gérer les engines adverses (contrôle).
  • Vulnérabilité au contrôle adverse.
  • Manque de consistance (thinning).
  • Trop de cartes pouvant brick.

 

Analysons donc chacune d'entre elles.

Longueur des manches

Techniquement, notre deck est plutôt fort sur un round long puisque nos Drakkars peuvent faire très mal s'ils ne sont pas gérés par notre opposant. Cependant, on ne dispose d'aucun moyen de défense face à la météo. On peut garder en tête que l'ajout d'une Heymaey : Flaminica, de Gremist ou d'un An Craite : Armurier est envisageable.
En revanche, on est assez faible sur un round court. Le deck est lent à mettre en place (nécessite de poser des Drakkars à faible tempo dans un premier temps) et n'a aucun finisher solide. L'idée d'ajouter le package Ciri: Ruée + Johnny devient très tentante.

Manque de contrôle

Le côté aléatoire des An Craite : Drakkars empêche de les considérer comme un vrai moyen de contrôle. Il est en général compliqué de combiner les engines (sur lesquels notre deck est basé) tout en ayant beaucoup de contrôle. Cela reviendrait à avoir le beurre et l'argent du beurre. On peut toutefois garder à l'esprit que Lugos le Dingue peut faire office de rustine sur la chambre à air de nos problèmes. Le Champion Ultime est également une solution très intéressante, ainsi que Vaedermakar mais il est difficile de faire une place à tout le monde.

Résistance au contrôle

Nous sommes très dépendants de nos An Craite : Drakkars et de leur survie. Ils sont la principale source de tempo de notre deck. Leur survie est donc capitale et on ne dispose d'aucun moyen de les protéger. Étant donné qu'il n'existe à ce jour aucun moyen pour Skellige de renforcer les cartes de notre main, on va devoir trouver un moyen de les ressusciter s'ils se font détruire. Ça tombe bien, la faction dispose de nombreux outils pour faire revenir ses cartes d'entre les morts. Le Dimun : Corsaire déjà évoqué plus haut est notre homme !

Manque de thinning

En partant du principe qu'on cherche à jouer toutes ses cartes à chaque partie et sachant qu'on débute avec 10 cartes en main, puis qu'on en pioche 3 de manière automatique pendant la partie (deux avant le round 2 puis une avant le round 3), on peut estimer le nombre idéal de cartes à thin entre 10 et 12 selon que l'on souhaite garder une marge de sécurité ou non.

Actuellement, notre thinning se décompose comme suit :

  • 3 via Bran.
  • 3 via les Drummond : Bellicistes.
  • 2 via les Dimun : Pirates.
  • 2 via Udalryk.
  • Potentiellement 1 via le Blême.

Soit 10 à 11 cartes. En portant ce nombre à 12 ou 13, on commencerait à avoir un deck très consistant. En approchant trop de 15 on s'expose à une punition contre les decks qui nous font piocher.

Pour thin encore un peu plus, on dispose des cartes suivantes :

  • Sac-à-souris
  • Lugos le Dingue
  • Svanrige Tuirseach
  • Les Compagnons d'Iris
  • Skjall

On peut également échanger Bran et Crach au besoin, afin d'ajuster.

Maintenant qu'on a ajouté Ciri : Ruée à notre jeu, prendre Sac-à-souris et Svanrige Tuirseach devient presque obligatoire. En effet, une fois que l'on aura défaussé Ciri : Ruée, encore faudra-t-il pouvoir la piocher de nouveau pour répéter l'effet quelques fois et/ou la jouer. De la pioche est donc indispensable. Je verrouille les deux. Ça me fait beaucoup de thinning, mais plusieurs de mes cartes ont pour cible de défausse Ciri: Ruée, qui sert de carburant infini donc pas de panique !

Pour le package Compagnons d'Iris + Cerys : Intrépide, je préfère attendre un peu pour me décider.

Concernant des cartes non encore citées, le Dimun : Capitaine pourrait tutor les Dimun : Corsaires... On se garde l'option pour plus tard, car chaque slot est vraiment important à ce stade.

Nombre de bricks

Ici, rien à signaler. Avec Sac-à-souris et Svanrige, on ne risque même plus de voir les An Craite : Attaquants brick en main, on peut dormir sur nos 2 oreilles.
Par contre, je dois faire attention à avoir du "carburant", à savoir des cartes pertinentes à défausser. Actuellement, j'ai Bran qui a besoin de trois cibles, Sac-à-souris deux, Svanrige et Johnny d'une, et les 3 Drummond : Bellicistes d'une chacun, soit un total de 10 (les Dimun : Pirates se défaussant automatiquement).
En carburant, je décompte Ciri : Ruée, Morkvarg et 3 An Craite : Attaquants, soit 5, ce qui est trop peu (bien que Ciri : Ruée puisse être défaussée plus d'une fois).
La cible privilégiée de Johnny est sans conteste Ciri : Ruée. En revanche, qu'ai-je envie de défausser avec Bran ? Morkvarg ? Les An Craite : Attaquants ? Si je fais ça, ce sont mes Drummond : Bellicistes qui n'ont plus de carburant.

Quelque chose cloche. Je dois au choix :

  • Remplacer Bran par Crach (mais les An Craite : Drakkars seront-ils encore rentables ?).
  • Retirer des Drummond : Bellicistes.
  • Ajouter du carburant.

Je vais donc retirer des Drummond : Bellicistes de mon deck (c'est la carte de défausse ayant la restriction la plus forte) et ajouter Aconit pour avoir une autre cible pour la défausse.

État des lieux intermédiaire

Notre deck contient à présent (avec les nouveautés en bleu) :

  • Bran Tuirseach en leader.
  • BlêmeAconitCiri : RuéeSac-à-souris en gold.
  • Udalryk, Morkvarg, Svanrige Tuirseach, Johnny en silver.
  • An Craite : Drakkar x3, Drummond : Belliciste x1Dimun : Pirate x3, An Craite : Attaquant x3, Dimun : Corsaire x3 en bronzes.

On dispose encore de deux slots silver et deux slots bronze.

Les cartes tech et les derniers ajouts

Un deck doit également s'adapter à la méta. Il nous faut des réponses contre les decks populaires du moment. Afin de soft counter Aglaïs, je choisis de n'inclure aucune carte spéciale intéressante à voler dans notre deck.

Sans parler de cartes tech, certaines cartes de notre faction sont simplement au-dessus du lot et méritent leur place, peu importe la stratégie souhaitée. Rétablissement et Sigrdrifa en sont les parfaits exemples. D'autant plus avec les fameux Dimun : Capitaines qu'on hésitait à ajouter au deck auparavant (cible parfaite de Rétablissement). On ajoute donc tout ça !

Deck final

  • Bran Tuirseach en leader.
  • BlêmeAconitCiri : Ruée et Sac-à-souris en gold.
  • Udalryk, Morkvarg, Svanrige Tuirseach, JohnnyRétablissement et Sigrdrifa en silver.
  • An Craite : Drakkar x3, Drummond : Belliciste x1, Dimun : Pirate x3, An Craite : Attaquant x3, Dimun : Corsaire x3 et Dimun : Capitaine x2 en bronzes.

 

La dernière étape du deckbuilding est de jouer le deck et de le montrer à d'autres joueurs pour qu'ils le testent et fassent des retours. Selon les informations recueillies, il convient ensuite de faire quelques ajustements !

Conclusion

Ce guide n'a pas pour vocation de présenter un deck compétitif. Il présente juste une manière de réfléchir au moment de construire un deck et constitue un rappel des bonnes pratiques à avoir lors de cet exercice.

J'espère qu'il vous donnera le goût du deckbuilding et qu'il vous aidera à comprendre pourquoi des joueurs choisissent une carte plutôt qu'une autre.

À propos de l’auteur, VolusFM_

VolusFM_Rédacteur en chef de Gwent France depuis fin Juin 2018.
Passionné de RPGs, FPS, jeux d'infiltration, game design.
Étudiant ingénieur à Lyon.

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